Édito

Réjouissances

Par Patrick Lhotellier
Directeur du Festival Baroque de Pontoise

 

Réjouissances ? Vous avez dit « réjouissances » ? Par ces temps d’incertitudes, par ces temps d’inquiétudes, peut-on vraiment songer à se réjouir ? N’est-ce pas faire preuve d’une folle impertinence ou, pire, d’une coupable indécence ? Oserons-nous continuer ainsi, coûte que coûte, à solliciter le Plaisir ? Aurons-nous encore l’audace d’opposer ses sortilèges à la morosité ?

Je crois que le festival a toujours eu cette prétention, et j’y demeure fidèle. Chaque année j’affirme avec véhémence ma volonté de concevoir le festival non seulement comme un moment de grâce où s’épanouit la beauté, mais également comme un espace de résistance face aux cultures formatées. Oui, je persiste à l’imaginer tel un refuge unique dévolu au partage, à la communion dans l’exaltation de l’Art. Je souhaite que vous l’appréhendiez tel un lieu privilégié où il fait bon se ressourcer, échanger, aimer, découvrir et, bien sûr, se réjouir.

Ainsi, à Pontoise, l’ensorcelant Plaisir prend-il ses quartiers d’automne, et, tout puissant ordonnateur de la fête, s’assure-t-il le concours des plus prestigieux talents. Battez tambours ! Sonnez trompettes ! Place au Plaisir ! Place aux Réjouissances qui lui font cortège ! À leur suite, laissez-vous entraîner ! En une trépidante farandole, elles vous mèneront à la rencontre des foisonnantes émotions et des délicieuses surprises que vous ménage une programmation où, serviteurs zélés du divin Plaisir, Musique, Théâtre et Danse élaborent pour vous une alchimie singulière.

Alors, comme le dit si bien la chanson, qu’attendons-nous pour être heureux ? Qu’attendons-nous pour faire la fête ? Au festival, la joie vous guette, c’est merveilleux ! Alors venez, venez, ne songez plus qu’à vous réjouir ! Molière lui-même vous y invite. Pour lui comme pour nous, « la grande affaire est le plaisir » (Monsieur de Pourceaugnac, acte III, scène 8).